Le SEP ou Sentiment d'Efficacité Personnelle


8 octobre 2020 14:06 | par RAKOTOMALALA Andge

Le SEP ou Sentiment d'Efficacité Personnelle (« self-efficacy ») est un concept développé par le psychologue Albert Bandura.

Depuis les années 80, Albert Bandura s’intéresse au Sentiment d’Efficacité Personnelle. Ce concept s’inscrit dans le cadre de la théorie sociocognitive (théorie issue du béhaviorisme et du cognitivisme). Selon cette théorie, le fonctionnement et le développement psychologique doivent être compris en considérant trois facteurs en interaction : le comportement, l’environnement et la personne.

Selon Albert Bandura, les croyances d’efficacité personnelle constituent le facteur clé de l’action humaine. Si une personne estime ne pas pouvoir produire de résultats satisfaisants dans un domaine, elle n’essaiera pas de les provoquer. Les croyances des individus en leur efficacité influent sur pratiquement toutes leurs activités : comment ils pensent, se motivent, ressentent et se comportent.

Ces facteurs s’influencent réciproquement mais n’ont pas forcément le même impact. On parle alors de causalité triadique réciproque. Cette théorie considère les individus comme des agents actifs de leur propre vie – d’où la notion d’agentivité – qui exercent un contrôle et une régulation de leurs actes. La notion d’« agentivité » reconnaît également la capacité des individus à anticiper et à ajuster leurs actes. Le système de soi est une des composantes de la personne, il est constitué de cognitions qui reflètent l’histoire du sujet. Un élément central du système de soi est le sentiment d’efficacité personnelle.

Le sentiment d’efficacité personnelle se définit comme « le jugement que porte une personne sur sa capacité d’organiser et d’utiliser les différentes activités inhérentes à la réalisation d’une tâche à exécuter » (Bouffard-Bouchard & Pinard, 1988, p. 411). En d’autres termes, il s’agit des croyances des gens concernant leur compétence à accomplir une tâche avec succès (Miller, Greene, Montalvo, Ravindran & Nichols, 1996).

Le sentiment d’efficacité personnelle désigne donc les croyances d'une personne sur sa capacité d'atteindre des buts ou de faire face à différentes situations. Ce sentiment constitue un déterminant important de la motivation à agir et de la persévérance vers des buts car le niveau d'effort investi est en fonction des résultats attendus.

Le sentiment d'efficacité personnelle influence les accomplissements et le bien-être de plusieurs façons.

Des études montrent que chez les enfants, le sentiment d’efficacité personnelle est toujours spécifique à un domaine. On ne se sent jamais « capable » ou « efficace » d’une manière générale. On peut par exemple se sentir efficace en course à pied et pas en algèbre.

Le SEP n’est donc pas un trait global de personnalité. D’ailleurs, plus on est à un niveau général de SEP, moins celui-ci prédira les performances.

Règle générale, un fort sentiment d'efficacité amène à se fixer de meilleurs buts, à faire plus d'efforts, à persévérer davantage et à mieux se remettre des échecs. Un faible sentiment d'efficacité est souvent un élément important de la dépression.

Le sentiment d’efficacité ne consiste pas seulement à savoir ce qu’il faut faire et à être motivé pour cela. Il s’agit plutôt d’une capacité productrice au sein de laquelle les sous-compétences cognitives, sociales, émotionnelles et comportementales doivent être organisées et orchestrées efficacement pour servir de nombreux buts. Les gens échouent souvent à obtenir des performances optimales alors même qu’ils savent très bien ce qu’ils doivent faire et qu’ils possèdent les aptitudes requises.

 

Compilant de nombreuses études, Albert Bandura a identifié 4 facteurs favorisant le sentiment de compétences.

Première source : la maîtrise personnelle, c’est-à-dire les expériences réussies précédemment. Plus une personne est dans une dynamique de réussite, plus elle développera son sentiment d’efficacité personnelle. Bref, la réussite pas à pas appelle la performance, le cercle vicieux de l’échec la résignation.

 

Deuxième source : l’apprentissage vicariant ou l’apprentissage social. Voir des personnes ayant un profil proche du nôtre réussir, nous conduit à nous rassurer et à prendre confiance dans notre capacité à réaliser la tâche.

 

Troisième source : la persuasion par autrui. Le feed back constructif d’un pair sur sa performance, les encouragements avant de réaliser la tâche… sont autant de conditions qui favorisent le sentiment d’efficacité personnelle.

 

Quatrième source : l’état psychologique et émotionnel. Le stress et l’anxiété sont un frein au sentiment de compétences. Dans des situations exceptionnelles, à risque, une personne peut perdre ses moyens et s’interroger sur sa capacité à réussir. A l’inverse, dans une situation où la personne est calme et sereine, son sentiment de compétences sera renforcé.

Je me pose la question sur le SEP, le talent et le Don….

A voir aussi : https://www.cairn.info/revue-savoirs-2004-5-page-91.htm

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